25 avr

Le Rêve de Bismarck : inédit de Rimbaud

Jeune cinéaste en reportage à Charleville-Mézières pour la réalisation d’un documentaire, Patrick Taliercio a mis au jour un inédit de Rimbaud. Il s’agit d’un article publié le 25 novembre 1870 dans le Progrès des Ardennes.

Cinéaste en reportage à Charleville-Mézières pour la réalisation d’un documentaire, Patrick Taliercio a mis au jour un inédit de Rimbaud. Il s’agit d’un article publié le 25 novembre 1870 dans le Progrès des Ardennes.

Le Rêve de Bismarck est ainsi signé de la main d’un certain Jean Baudry, soit un des pseudonymes utilisés par Rimbaud du temps où il nourrissait quelques espoirs de journalisme.

Baudry, c’est le héros d’un drame écrit par Auguste Vacquerie. On lui connaît ces quelques paroles :

« Je m’abrutirai, je traînerai mes haillons dans les bouges, j’anéantirai en moi tout ce qui vous appartient. Dès ce moment, je redeviens le vagabond que j’étais. »

En réalité, c’était un Parnassien moyen, voir mineur. Nul doute que Rimbaud ne devait pas lui porter beaucoup d’estime. Jean Baudry avait surtout vertu de presqu’anagramme.

On savait que Rimbaud avait envoyé plusieurs textes au Progrès des Ardennes, mais jusqu’à ce jour, on ignorait que l’un d’entre eux était bel et bien passé sous presse.

Désireux de réaliser un court-métrage sur l’épisode rimbaldien de Charleroi, c’est en se rendant chez un bouquiniste que Patrick Taliercio en fit la découverte :

« On savait (par son ami Delahaye) que Rimbaud avait écrit un texte sur Bismarck sous ce pseudonyme et qu’il l’avait proposé au Progrès. Mais a priori personne ne savait qu’il avait effectivement été publié… »

Contexte

Septembre 1870. Les armées de Napoléon III sont battues à Sedan et piégées à Metz. Les Prussiens font le siège de Mézières. C’est la guerre civile: la Commune enflamme Paris, et d’autres républicains se soulèvent en province.

C’est dans ce contexte que Jacoby, ancien révolutionnaire de 1848, fonde le Progrès des Ardennes, journal de gauche, imprimé rue du Château, à Mézières. Rimbaud se presse d’envoyer des textes, heureux et enthousiaste de retrouver ce voisin de la rue Forest à la tête d’un journal contestataire proche de ses idées et de ses envies de révolution.

Le 31 décembre 1870, des obus s’abattent sur Mézières. L’imprimerie du Progrès est détruite, emportant dans ses ruines incendiées des stocks entiers de publications. Malgré la reprise courageuse de ses activités — Rimbaud y travailla d’ailleurs, quelques mois plus tard, pour trier les dépêches — Jacoby ne parvint pas à résister au front conservateur qui avait repris les rênes de l’État. Le Progès fut interdit en avril 1871, à la veille presque de la Semaine sanglante.

Texte

Le texte que propose Rimbaud est assez savoureux dans ce contexte: il brocarde l’ennemi allemand en maniant, comme il sait le faire déjà, l’art subtil et grossier de la caricature. Il ne se prive pas, à ce titre, d’user des registres sexuels (« pipe », « fumée », « nez ») et scatologiques.

Rimbaud sentait déjà que la révolte germait à Paris: anti-prusienne, mais aussi et surtout républicaine et socialiste. Le vieux chef qui s’assoupit, repu et engraissé, c’est aussi le bourgeois, l’archétype d’un monde à renverser.

34 Comments

  1. 1
    Alfred
    26 avril 2008 at 22:29
    Permalink

    Parution du « Rêve de Bismarck » dans la revue Agone :
    http://atheles.org/agone/revueagone/agone38et39/

  2. 2
    Démian
    26 avril 2008 at 22:32
    Permalink

    Un grand merci pour cette info, Alfred!

  3. 3 20 mai 2008 at 10:50
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    L’auteur d’un des coups montés les plus audacieux de ces dernières décennies s’est manifesté sous le pseudonyme (d’un goût douteux) de « Jean Daube Rit ». De source indiscutable, l’imposture a été prouvée auprès d’un certain journaliste parisien collaborant à la rédaction d’une célèbre revue littéraire (et qui a préféré -on le comprend- garder l’anonymat). Le faux a été effectué grâce à la recomposition frauduleuse d’archives anciennes à l’aide de vieilles feuilles vierges (authentiques celles-là) ajoutées à la revue en question qui aurait été ensuite « retrouvée » chez un bouquiniste de Charleville-Mézières. Affaire à suivre…

    (Le « rêve de Bismarck » récemment découvert est un faux)

    C’est le soir. Sous sa tente, pleine de silence et de rêve, Bismarck, un doigt sur la carte de France, médite ; de son immense pipe s’échappe un filet bleu.

    Bismarck médite. Son petit index crochu chemine, sur le vélin, du Rhin à la Moselle, de la Moselle à la Seine ; de l’ongle, il a rayé imperceptiblement le papier autour de Strasbourg : il passe outre.

    A Sarrebruck, à Wissembourg, à Woerth, à Sedan, il tressaille, le petit doigt crochu : il caresse Nancy, égratigne Bitche et Phalsbourg, raie Metz, trace sur les frontières de petites lignes brisées, et s’arrête…

    Triomphant, Bismarck a couvert de son index l’Alsace et la Lorraine !

    - Oh ! sous son crâne jaune, quels délires d’avare ! Quels délicieux nuages de fumée répand sa pipe bienheureuse !

    Bismarck médite. Tiens ! un gros point noir semble arrêter l’index frétillant. C’est Paris.

    Donc, le petit ongle mauvais, de rayer, de rayer le papier, de ci, de là, avec rage, enfin, de s’arrêter… Le doigt reste là, moitié plié, immobile.

    Paris ! Paris ! Puis, le bonhomme a tant rêvé l’œil ouvert, que, doucement, la somnolence s’empare de lui : son front se penche vers le papier ; machinalement, le fourneau de sa pipe, échappée à ses lèvres, s’abat sur le vilain point noir…

    Hi ! povero ! en abandonnant sa pauvre tête, son nez, le nez de M. Otto de Bismarck, s’est plongé dans le fourneau ardent… Hi ! povero ! va povero ! dans le fourneau incandescent de la pipe…, Hi ! povero ! Son index était sur Paris !… Fini, le rêve glorieux !

    Il était si fin, si spirituel, si heureux, ce nez de vieux premier diplomate !

    - Cachez, cachez ce nez !

    Eh bien ! mon cher, quand, pour partager la choucroute royale, vous rentrerez au palais

    Voilà ! fallait pas rêvasser !

    (Rimbaud)

    =======

    (Et voici encore un faux attribué à Rimbaud)

    Je fis un voeu : mes ailes d’Empyrée trouées,
    Ma fiole pleine d’or aux horizons funestes
    Sur fonds célestes mirent la glace en écho nets.
    Je vis un feu où se regardaient l’oiseau des rouées !

    Sur fonte des fêtes, je monte, râle aux vaux
    Ravalant mes maux, ivre aux vives défaites,
    La rime brise la vague, l’écume en arête
    Vire au lentes langueurs ébranlées des roses eaux.

    (Rimbaud)

  4. 4 20 mai 2008 at 21:54
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    Après vérifications et confirmations, l’inédit de Rimbaud était bien un faux !

    Un premier article suspect mais assez intriguant (reproduit ci-après) était apparu sur le NET à l’annonce de la découverte d’un texte inédit de Rimbaud :

    L’auteur d’un des coups montés les plus audacieux de ces dernières décennies s’est manifesté sous le nom d’emprunt « Jean Daube Rit » (presque anagramme douteux du pseudonyme adopté par le jeune Rimbaud lui-même « Jean Baudry »). De source indiscutable, l’imposture a été prouvée auprès d’un certain journaliste parisien collaborant à la rédaction d’une célèbre revue littéraire (et qui a préféré -on le comprend- garder l’anonymat). Le faux a été effectué grâce à la recomposition frauduleuse d’archives anciennes à l’aide de vieilles feuilles vierges (authentiques celles-là) ajoutées à la revue en question qui aurait été ensuite « retrouvée » chez un bouquiniste de Charleville-Mézières. Affaire à suivre…

    Piégé comme les autres, Nabe hier soir dans l’émission de Taddéi sur France 3 (le 19 mai 2008) a pour la première fois lu ce faux à l’adresse de millions de crédules !

    Cet article publié sur plusieurs sites officiels était demeuré anonyme.

    Puis dans un second temps le falsificateur -ou prétendu tel- s’est dévoilé dans les termes suivants à travers un autre article, dûment signé cette fois :

    Voilà : je suis l’auteur de cette imposture qui est en train de prendre des proportions énormes. J’en frémis d’horreur. Et d’aise. Je n’en suis pas à mon coup d’essai il est vrai : j’avais déjà fabriqué des faux documents littéraires à propos de Maupassant et de Hugo, pour ne parler que des plaisanteries un peu consistantes (publiées sur support papier « authentique », donc)… Bien entendu mes potacheries n’avaient jamais marché, du moins pas au point de déranger les cercles officiels. Jusqu’à ce que je m’essaye à un « faux Rimbaud ». Cette fois la supercherie a été prise au sérieux, trop. Beaucoup trop, à hauteur inconsidérée de la folie furieuse des médias souvent prompts à s’emballer à la moindre alarme littéraire !

    Les seuls responsables sont les « spécialistes » crédules relayés par les journalistes pressés de vendre de l’information et non l’auteur de cette malicieuse falsification. Je ne me considère pas comme un faussaire au sens judiciaire du terme mais comme un aimable gredin qui a ouvert sa cage à plumes que le vent médiatique a emporté plus haut que prévu. La blague sera de toute façon utile : elle permettra de remettre les pendules à l’heure chez les prétendus spécialistes de Rimbaud.

    Pour la partie strictement littéraire la rédaction du texte « à la Rimbaud » fut l’étape la plus facile et la plus plaisante de l’entreprise. Un peu plus complexe -mais à la portée de tout bon faussaire un peu habile- fut de confectionner un faux matériel sur vieux papier. Le faire entrer ensuite dans un circuit classique afin de lui donner la « patine onirique » nécessaire à sa crédibilité (grenier de particulier, bouquiniste, antiquaires) à travers un protocole plausible ne demande pas une grande imagination, au contraire ! Découvert par un cinéaste sur les traces de Rimbaud (comme le hasard fait bien les choses, n’est-ce pas ?) le document fut fatalement récupéré « dans les règles de l’art ». La presse n’avait plus qu’à prendre le relais.

    Et voilà comment un gentil farceur se retrouve avec une méchante affaire sur les bras !

    Raphaël Zacharie de Izarra
    raphael.de-izarra@wanadoo.fr
    2, Escalier de la Grande Poterne
    72000 Le Mans
    FRANCE
    Téléphone : 02 43 80 42 98
    Freebox : 08 70 35 86 22

  5. 5
    zenittom
    21 mai 2008 at 17:24
    Permalink

    Si c’était un faux, pourquoi ne pas avoir réécrit les mots manquants ??
    Ca sent la fausse imposture tout ça

  6. 6 22 mai 2008 at 10:21
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    Bonjour Zenittom,

    Je souhaite demeurer le maître du jeu le plus longtemps possible. Ce n’est pas à moi de prouver l’authenticité de ce texte mais aux spécialistes de la question littéraire. C’est à eux d’asséner vérités immortelles et écrasantes, de répandre affirmations lumineuses et sereines -bref de convaincre l’incrédule- et non à moi d’abréger les doutes. Mon rôle consiste à faire accoucher la vérité littéraire aux prétendus spécialistes de Rimbaud, non à servir sur un plateau le sujet cuit de leurs actuels tourments. Seul celui qui a les bonnes cartes en main aura le dernier mot. Celui-là peut se permettre toutes les licences et fantaisies. Chacune de mes provocations à l’adresse de mes détracteurs doit être considérée comme une salutaire incitation à percer le mystère de ce texte par des moyens strictement artistiques, littéraires, intellectuels et non vulgairement matériels. On devrait au contraire me rendre grâces d’inviter les admirateurs de Rimbaud à la critique honnête au lieu de me condamner de la sorte !

    En attendant je laisse à mes détracteurs le temps de se ridiculiser dans toutes les directions. Ou de faire triompher la vérité, s’ils la détiennent.

    Raphaël Zacharie de Izarra

  7. 7
    Philippe
    24 mai 2008 at 10:17
    Permalink

    « Après vérification…de sources indiscutables…je suis l’auteur…. un certain journaliste d’une célèbre revue qui préfère garder l’anonymat (comme souvent les célébrités)
    cela ressemble davantage à une entouloupe de bonimenteur qu’à un combat pour une quelconque vérité. L’essentiel pour vous semble d’exister d’une façon ou d’une autre dans le monde médiatique.

  8. 8
    Demetrio
    24 mai 2008 at 15:58
    Permalink

    Ce n’est pas un faux. Bien qu’il s’agit d’un texte mineur, le style est rimbaldien: la description phocalise l’anatomie de Bismarck, comme dans « Accroupissements » ou « Les assis ». L’utilisation de paroles étrangéres - »Hi! povero! »- est aussi rimbaldienne. Je souligne cette phrase poétique: « sa tente, pleine de silence et de rêve »… est cette autre, aussimeme réussie: « sous son crâne jaune, quels délires d’avare! ». C’est le premier Rimbaud, pas encore le Rimbaud des Illuminations. Mais c’est notre poéte.

  9. 9
    Démian
    29 mai 2008 at 15:18
    Permalink

    J’ai lu ceci de Jean-Jacqus Lefrère :

    « Outre l’impossibilité matérielle (fabriquer un faux exemplaire du Progrès des Ardennes de novembre 1870 ne doit pas être aisé), on connaissait l’existence de cet article par le souvenir d’Ernest Delahaye, camarade d’enfance de Rimbaud.  »

    http://www.lefigaro.fr/livres/2008/05/22/03005-20080522ARTFIG00406-pour-jean-jacques-lefrerela-question-d-un-faux-ne-se-pose-pas-.php

  10. 10
    Arthur SAUNIER
    3 juin 2008 at 13:41
    Permalink

    Bonjour, »De son immense pipe s’échappe un filet bleu », dans oraison du soir, il écrit « sous l’air gonflé d’impalpapes voilures », je ne connais pas de texte dans lequel Arthur s’engage dans certaines répétitions d’images, aussi, aucun texte n’utilise un mot italien, surtout répété ainsi, « Hi povero ». Il y a bien sûr le classique « Oh ! sous son crâne.., oh la la que d’amours splendides j’ai rêvées… et même s’il aurait pu écrire « quels délires d’avare !, ce texte n’est absolument pas Rimbaldien selon moi qui travaille sur l’auteur depuis si longtemps, qui a du lire tellement de fois toute son oeuvre ainsi que ses lettres… et tant de biographes qui souvent trahissent le poète, même sans le vouloir, mais au bout du compte parlent d’eux… je chante Rimbaud, si je veux sourire, rire de la bêtise, je n’ai qu’à penser à un texte d’Arthur, « sur la place taillée en mesquines pelouses, les douaniers et si je veux respirer la liberté libre, je n’ai qu’à prendre le bateau ivre… mais là dans ce texte, rien n’apparaît, même pas une once de beauté alors que même dans l’oeuvre de jeunesse, on trouve dans chaque texte une perle rare et belle. Il s’agit ici d’un texte sans intérêt que peut commettre un Georges Izambart ou un potache au bon niveau de CM2 mais rien rien vraiment rien ne me fait penser à Arthur dans cette écriture absolument pauvre et sans intérêt. Dieu sait, s’il existe, que j’ai tenté vainement un petit détail qui m’indiquerait qu’Arthur a écrit ce texte.

  11. 11
    Arthur SAUNIER
    3 juin 2008 at 13:56
    Permalink

    Milles excuses : il faut lire d’impalpables voilures ; l’important était le « oh » simplement.

  12. 12
    Arthur SAUNIER
    3 juin 2008 at 14:07
    Permalink

    Encore une faute, il faut lire « j’ai tenté vainement de trouver »… Enfin, je suis désemparé, à l’heure où la culture «  » bien sûr, ciment de la civisation s’égare dans des sentiers tortueux, où les portables égrènent des chants de désespoirs qui fatalement conduiront à des guerres subtiles et je me sens floué à la lecture de ce texte si insipide. Que voulez-vous, « je rêve croisades, voyage de découverte, guerres de réligion étouffées et je crois encore à tous les enchantements. Je veux encore entendre des silences indicibles.

  13. 13
    Arthur SAUNIER
    3 juin 2008 at 14:11
    Permalink

    Encore : civilisations, religions.

  14. 14
    demetrio
    6 juin 2008 at 0:54
    Permalink

    Je suis un poéte argentin, mon francais n’est pas bon. Alors, je m’excuse des erreurs, mais je veux dire quelque chose ici. Comme les musulmans pélerinent á La Meca, j’ai péleriné á Charleville il y a plusieurs ans. J’ai touché, au Vieux Moulin, les vetements de cet poéte miracouleux!
    Le reve de Bismarck est bien insipide, d’accord. Il faut voir néanmoins qu’il n’est pas un poéme, mais un article pour le periodique. Peut etre, Rimbaud meme n’était pas satisfait de ce texte, voilá la raison de n’avoir pas devenu journaliste. Bien sur, son génie ne pouvait pas s’exprimer avec la prose des journaux, il avait bésoin de poésie.

  15. 15
    arthur saunier
    6 juin 2008 at 6:11
    Permalink

    Il est clair qu’il s’agit à priori d’un article destiné à un journal, cependant, il prétend avoir une forme poétique, Rimbaud fut assez clairvoyant, était clairvoyant suffisamment, je le pense, pour distinguer un poème d’un article de journal, même ses lettres qui sont des lettres cependant, ont quelque part une force indicible… c’est inexplicable, inexprimable, ce texte n’est pas d’Arthur Rimbaud, on a essayé, tenté vainement de lui donner l’aspect d’un texte d’Arthur, c’est un peu comme si, vous savez, comme si, un magasine offrait de vraies photographies de pays merveilleux, bien sûr ces photos sont réelles, mais en réalité non, elles n’existent même pas, elles n’ont pas la couleur, la force, le dénuement, l’explosion fixe, la beauté convulsive, ells n’expriment rien comme ce texte attribué à Rimbaud Arthur, ami choisi à l’unanimité avec moi-même.

  16. 16
    Thierry Demart
    7 juin 2008 at 9:21
    Permalink

    C’est tout de même curieux qu’un poète qui écrivait avoir injurié la beauté n’ai de postérité que chez d’indécrottables formalistes.
    Vous êtes donc près à supposer qu’Ernest Delahaye a inventé ce texte ou sa paternité sous le seul prétexte qu’il ne correspond pas à la très haute idée que vous vous faites du style d’Arthur ? sans même entrouvrir ne serait-ce qu’un instant la possibilité qu’on puisse prendre la plume pour autre chose que pour être à la hauteur d’un style et du style que vous supposez le sien. Vous sucez le moindre mot de ses lettres de voyages parce qu’elle rassure en vous Monsieur Fenouillard qu’on peut être génial sans même le vouloir.
    Vous êtes dans la norme et la postérité de Rimbaud s’éteindra certainement avec vous.
    Que voulez-vous qu’on fasse encore d’un poète qui n’est plus lu que par Monsieur Prudhomme ?

  17. 17
    arthur saunier
    8 juin 2008 at 19:02
    Permalink

    Bonsoir Je vous remercie pour l’indécrottable formaliste décelé par vous, pour l’aspect prudhommesque donné à mes réactions, (preuve qu’un bonnetier peut s’intéresser à la poésie), quant à la véracité d’un texte qui aurait été écrit par Arthur Rimbaud, aussi pour la norme dans laquelle vous me voyez inscrit et la postérité du poète qui s’éteindra avec moi, trop d’honneur tuera l’honneur ! vous flattez mon ego sir !. Je n’entre dans aucune polémique, je cherche comme disait André Breton, l’or du temps et l’inutile est par nature l’insolente liberté qui balaie les pitoyables jours. C’est pourquoi, je cherche, je cherche, je creuse, je m’enthousiasme encore pour la beauté même si vous rappelez qu’Arthur l’a injuriée et heureusement parce qu’il l’avait saluée. Voilà, ce qui emmerdant dans la morale c’est que c’est toujours la morale des autres disait un certain Léo Ferré qui paraphrasait ainsi « la morale est la faiblesse de la cervelle ». Je vous prie d’excuser encore une fois mon exubérance et mon droit de douter… ceci dit, je souhaiterais vivement que ceux qui possèdent les moyens de production, les bourgeois donc, qu’exécrait Jean Nicolas Arthur se vautrent dans la poésie, on peut rêver !! Enfin, ce n’est pas grave, Monsieur j’sais tout, Monsieur j’sais rien, les mêmes comme Monsieur Sérieux, qui n’a plus dix sept ans. Avec le sourire toujours.

  18. 18
    circeto
    4 juillet 2008 at 14:04
    Permalink

    Salut ô toi, taulière de mon enfance I,

    sur le sujet du doux rêveur à la moustache et au casque à pointe, j’ai commis un petit conte documenté (c’est ça de ne pas proposer de revue !!) sur le site bibliobs.com…

    il se pavane là, ventrument, dans le dossier spécial « un inédit de Rimbaud », à côté du témoignage de JJ. Frangin,que ton toi-même cite plus haut en un ton mi figue-mi orangé.

    ce conte a au moins le mérite de régler celui de notre ami DéDé les chaussettes et son érudition vert de grisée sculptée avec amour à la plume doigt.

    j’y cite la taulière n°2; pardon de t’avoir oubliée !

    je l’ai intitulé :

    https://bibliobs.nouvelobs.com/comment/reply/5735

    pas mal comme titre non ?

    PS: ne touchant qu’1 microcentime d’euro d’éternité à chaque clic-clac; ne te prive donc pas d’en faire profiter tes assidus lecteurs.

    PPS: pourquoi ergoter sur le vrai ou le faux, ceci n’importe qu’aux âmes simples et autres zacchariasses charmants.

    PPPS: Rene Ghil en caractères plus gros qu’ Hugo, moins petits qu’Murphy ! quelle inversion des valeurs …

  19. 19 5 juillet 2008 at 11:11
    Permalink

    Circeto, c’est très près des hautes glaces,

    De taulière, je suis maintenant taulier. Mieux avisé encore que nos trente-six jambes.

    L’oubli n’est pas si grave, étant donné les circonstances. Mais je n’arrive pas à suivre ton lien vers la lumière.

    Tu connais la chanson.

    Causes les plus probables :
    - Vous n’êtes pas connecté à Internet.
    - Le site Web rencontre des problèmes.
    - Il se peut que l’adresse contienne une erreur de frappe.

    Quid alors ? Ne prends pas froid. Et dis-moi.

  20. 20
    circeto
    10 juillet 2008 at 11:18
    Permalink

    flute à pipeau je comprends que l’éternité soit devenue hors de prix !

    ils n’ont pas dû aimer le titre, trop vendeur !

    voila le fondant !

    http://bibliobs.nouvelobs.com/2008/06/18/linedit-de-rimbaud

    ça vous requinque une réputation (…)

  21. 21 19 août 2008 at 22:09
    Permalink

    « LE MONDE » PUBLIE UN ARTICLE SUR MOI !

    Paris est venu au Mans. Ce qui équivaut, en terme professionnel, à un scoop. Du moins dans le cercle restreint des journalistes littéraires, appelés aussi dans notre jargon « mondains du livre ». Depuis là-haut, c’est un événement, une prouesse. Rappel d’une épopée locale qui avait fait deux ou trois vagues dans nos salons : quelques heures à peine après la révélation au grand public d’un inédit de Rimbaud (Le rêve de Bismarck) retrouvé chez un bouquiniste de Charleville-Mézières, un énergumène manceau revendiqua non sans fracas la paternité du document qui serait donc… Un faux ! Info ou intox ?

    A la rédaction les collègues ont bien ri. Il y avait de quoi, avec ma mission d’« envoyé spécial en province »… La décision résonnait désagréablement comme le coup de «sifflet de Jéricho» de l’officier de police plein d’avenir du Quai des Orfèvres rétrogradé du jour au lendemain à la circulation de la Place Clichy. Et j’ai effectivement été envoyé au Mans afin de tenter d’éclaircir ce mystère d’arrière pays. Merci le TGV. Bref, de retour avec mon papier, ils ne riaient plus du tout à la rédaction. Enquête.

    AUTEUR PROLIXE

    Raphaël Zacharie de Izarra est un farceur.

    Un auteur prolixe aussi. Avec plein d’imagination.

    Un simple hurluberlu en mal de notoriété comme l’affirmait, un peu énervé, le plus grand spécialiste de Rimbaud Jean-Jacques Lefrère dans les pages du « Figaro Littéraire » ? Pas si sûr… Dès qu’on approche le phénomène, les certitudes toutes faites s’éloignent. Il y a fort à parier qu’au contact de ce fou follet, plus d’un routard de la presse reverrait son jugement. Un poids-plume de l’auto édition (il se répand sur Internet) capable d’ébranler des maisons : Izarra a du souffle, il faut lui reconnaître ce précieux avantage.

    FRISSONS

    Personnage machiavélique diraient certains… Angelot d’une désarmante naïveté pour d’autres. Prince cynique ou entité ailée, peu importe : le plaisantin ne manque pas d’atouts. S’il est vrai que le diable a plus d’un tour dans son sac, les anges n’en ont pas moins de la plume. Celui qui veut défier les exégètes de la littérature, pardon de la Littérature comme il le précise, est bien outillé. Ce maître du verbe joue de son art oratoire jusqu’à l’énième degré, là où commencent les premiers frissons. Déstabilisant.

    Le « clown à particule » s’avère être un morceau de choix pour tigres de rédactions, un cas d’école comme on en rencontre rarement dans une carrière de reporter. Un pigiste averti y regarderait à deux fois.

    Izarra, ça à l’apparence de l’ersatz, de loin ça n’a l’air de rien, de Paris on croit que c’est du toc… Et quand on vient chez lui au Mans pour une interview de près, pour de vrai, alors l’Izarra c’est de l’or en barre ! Foi de journaliste.

    L’animal est prêt. De mon côté, je fourbis mes armes. Ambiance règlement de compte à l’oral. L’interview commence mais c’est lui qui tient la baguette.

    Quand je l’interroge au sujet de cette affaire grotesque du « vrai-faux-Rimbaud » il ne se démonte pas. Ses yeux s’éclairent. Le masque de la sincérité l’habille tout de blanc. Et il a des arguments le renard ! Répondant point par point aux objections émanant de ses détracteurs, il se défend. Avec foi, panache, consistance. De telle façon qu’à mi-parcours de l’interview il est déjà permis de douter de la version officielle. Question de choix. En l’écoutant, intarissable, virtuose, charmeur, parfois excessif, toujours percutant, on se sent plus léger, libre de balancer entre vérité médiatique et doute « izarrien », qualificatif dont il abuse avec jubilation. C’est le cadeau qu’il nous fait : penser par soi-même. Raphaël Zacharie de Izarra est persuasif, il a l’art de soulever des questions que nul n’oserait effleurer.

    POLEMIQUE

    Ses arguments ? Contestables, soyons honnêtes. Contestables et pourtant… Pas tant que cela. Et c’est étrange, et c’est puissant, et c’est passionnant. C’est oui ou c’est non, c’est vrai ou c’est faux. Entre les deux, une infinité de nuances. Toutes déroutantes.

    Izarra a sa place dans la polémique et il tient tête. Il a pris le rôle du bouffon, qui n’est pas le plus facile. Rappelons que le pitre officiel du royaume assénait des vérités cinglantes au roi. Izarra se paye la tête du roi et c’est bien le seul : il n’y a qu’un bouffon dans tout le royaume pour user de ce droit. Les autres se taisent. Lui, il la ramène. Il fabrique du faux pour « mieux dénoncer une autre imposture : celle d’une certaine littérature » dit-il.

    Dans le détail son discours ressemble un peu à cette histoire de fous où l’un soutient que la bouteille est à moitié pleine pendant que l’autre s’évertue à démontrer qu’elle est à demi vide. L’un a tort, les deux ont raison et personne ne peut trancher. Ensuite c’est une question de crédibilité vestimentaire. La « vérité » du porteur de cravate sera toujours un peu plus « vraie » que celle de l’adepte de la chemise à carreaux. Izarra ne porte ni cravate ni chemise à carreaux, il arbore un front vaillant dénué d’artifice, affrontant nu les « cohortes de Bêtise parées de flatteurs, mensongers atours ».

    Même pour un reporter qui a de la bouteille, il serait trop facile de prendre à la légère l’édifice de papier de monsieur Izarra. Pour l’heure tout est théorie, démonstration intellectuelle, preuve par la dialectique et conviction intime. Le sieur Izarra est redoutable quand il s’agit de semer le doute. Et ça prend. A faire trembler les bases du plus orthodoxe des convaincus. Ca prend tellement bien que, séduit par le brillant discours, déjà convaincu mais pas tout à fait prêt à mettre la main au feu tout de même, on ne demande plus qu’à voir.

    ROCAMBOLESQUE

    Voir, c’est ce qu’il nous promet depuis le début de cette affaire décidément rocambolesque… Mais il n’est pas pressé d’apporter de la matière à son moulin à paroles. Izarra brille tant qu’il reste dans ses « hauteurs » abstraites, position stratégique bien commode dans laquelle il a tendance à s’éterniser… Sur la terre ferme son pied est plus glissant.

    Il a le temps pour lui, répète-t-il. «Je n’agis pas dans la précipitation, mon dessein est de plus grande envergure que de nourrir ces poussins de journalistes. Patience ! Au lieu de petit grain sans lendemain vous aurez la grosse pâtée pour l’hiver» confie-t-il, un brin malicieux.

    C’est vrai qu’il cause bien le contradicteur et qu’on serait prêt à se convertir à sa « vérité », à deux doigts du gouffre séparant « l’hérésie médiatique du ciel izarrien »… A condition de donner corps au discours. Bluffant pour ceux qui l’approchent, l’écoutent, le « sentent », simple zozo pour les autres qui n’ont pas eu le privilège d’un tête-à-tête, le personnage a de quoi faire peur.

    La première fois il avait même fait très peur : l’AFP lui reproche un séisme d’ampleur nationale provoqué par ses simples assertions. Pas si zozo qu’il en a l’air le « Zaza » !

    DU TEMPS

    Raphaël Zacharie de Izarra nous demande du temps, encore du temps pour prouver qu’il est l’auteur de cette farce. Mais où est la vraie farce ? Dans le document lui-même qui serait un « authentique faux » ou dans le formidable pouvoir de persuasion d’un mythomane de premier ordre ?

    Sa démarche, se justifie-t-il, est une oeuvre « de long terme, dense, complexe, nécessairement lente ».

    A la lumière de ses propos pour le moins convaincants, irritants, intrigants, presque fascinants, on lui laissera le bénéfice du doute. Mais pas trop longtemps. Pas trop longtemps monsieur Izarra : à la rédaction ils ne rient plus, mais alors plus du tout.

    R.S.
    (Le Monde)

  22. 22
    saunier
    24 août 2008 at 11:47
    Permalink

    Tout cela devient grotesque, vulgaire (commun), n’a plus de sens et d’intérêt (voir dans certaines biographies même pénibles ce que se rappelait Ernest Delahaye, un ami de Rimbaud au sujet de l’article que ce dernier aurait écrit : c’est plus représentatif d’un article de journal), ce rêve de bismarck retrouvé est d’une pauvreté, d’une pauvreté, povero, Pauvre Arthur, ces gens qui parlent de toi pour parler d’eux, ras le bol de ces parleurs qui se regardent écrire. Vous pouvez penser tout ce que vous voudrez mais songez bien à ce que vous dîtes, disait Arthur, putain c’est beau, putain c’est comme l’alchimie du verbe… c’est comme l’amour à réinventer, c’est la vie, la vie merde.

  23. 23
    circeto
    3 septembre 2008 at 12:02
    Permalink

    « Le néant, le nez en l’air, l’air d’un … » : chanson connue !

    -  » mais regardez-moi, regardez-moi me démener comme un pauvre beau diable,

    regarde moi maman, regarde-moi,

    enfin posez vos (bleus) yeux médiatiques sur ma prose sans pareille d’ersatz vitaminée !

    c’est vrai, je Mans, je Mans comme je respire et alors je ne suis pas le premier … mais du moins j’y aspire!

    vous n’avez pas crû à mon histoire de faux Rimbaud, vous avez-eu tort ! la preuve ? je vous la fournis moi-même, de mes petites mains affairées, dans mon faux article du Monde !

    la preuve par l’exemple quoi ! la preuve par l’absurde !! CQFD  »

    … sur ces mots, à pas de velours, le néant retournât au néant, le nez en l’air, l’air d’un …

    … et, comme dit l’autre, seul le vent entendit ses paroles.

    ((mais oui, zaza, on t’aime !!!))

  24. 24 5 septembre 2008 at 8:55
    Permalink

    Mais à qui parlez-vous donc ? vous voulez que l’on parle de vous ! Avez-vous remarqué que très peu de personnes s’intéressent à cette histoire de vrai ou de faux, vous pouvez les compter sur les doigts, alors faites un effort pour écrire clairement, lisiblement ou si vous le pouvez, écriver d’une manière poétique. Pour ma part, j’essaie d’être clair, de discuter, je ne joue pas de jeu, ceci dit je ne sais avec qui je parle en ce moment. Mais ce n’est pas très important, il faut maintenant lire Arthur pour n’avoir que du blanc à songer.

  25. 25
    circeto
    5 septembre 2008 at 15:55
    Permalink

    vrai ou faux sau(l)nier ?
    (comme dirait Nerval)

    allez juste pour faire plaisir, pouf, pouf poésie !

    Comme son nom l’indique

    Manifestant très tôt des grâces séraphines
    Ethérées mais poussées aux portes des latrines
    Rimbaud, ce bon poète confit en confitures
    Découvrait impuni le vice de la lecture

    Effaré, sans-culotte, vrai révolutionnaire
    A croupetons il filait sa pelote de vers
    Chapelet hululant de rimes peu banales
    Extorquées de revues ou extirpées d’annales.

    La Commune essuyait les revers du destin
    Une lune tachait de bleu une Une sanglante
    Il froissa le journal dedans ses mains tremblantes

    Quand une sainte colère sourdit des intestins
    Un pieux chant s’éleva : “ ça ira, ça ira !”
    Il torcha ce poème que personne ne LIRA.

  26. 26 6 septembre 2008 at 7:43
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    Je suppose que ce texte est de vous, si c’est le cas, je vous tire ma révérence et salue vraiment ce sublime texte qui cette fois pour le coup est digne de Rimbaud, de Ferré… je vais même lui trouver une musique.

  27. 27
    circeto
    8 septembre 2008 at 14:52
    Permalink

    en ré mineur stp ! merci !

  28. 28 13 novembre 2008 at 22:44
    Permalink

    je tenais à te fare un petit message pur te dire que ton blog est très sympathuque ! ;)

  29. 29 17 novembre 2008 at 13:16
    Permalink

    *** Rimbaud et ses faux embrouillages ***

    L’histoire pourrait sembler très complexe.

    Elle est simple. Absurdement simple. On avait découvert en avril 2008 un joli texte inédit de Rimbaud dans une bouquinerie de Charleville-Mézières publié sous le pseudonyme de Jean Baudry (presque anagramme de Rimbaud). « On », c’est à dire le cinéaste Patrick Taliercio qui était justement en repérage sur les lieux où avait grandi Rimbaud pour un projet de long métrage consacré au poète. Un témoin clé que personne n’a jamais vraiment entendu puisqu’il a « une frousse bleue de la télévision »… On a donc laissé ses intermédiaires s’émerveiller de la trouvaille.

    Là où l’affaire devient complexe, ou plutôt limpide, c’est lorsque dans la foulée est apparu le nom d’un certain Raphaël Zacharie de Izarra…

    Qui ne connaît pas ce faussaire hors pair au culot monstre ? Dans le cercle des collectionneurs, on fuit comme la peste ce roi de l’entourloupe littéraire.

    Capable du pire en allant jusqu’à élaborer des mises en scène très sophistiquées parfois préparées des années à l’avance (ce qui fut le cas pour cet inédit de Rimbaud) grâce à des complicités toujours discrètes, ce Narcisse invétéré affectionne les feux médiatiques.

    Sa spécialité : ridiculiser ceux qu’il aime à définir comme les « exégètes de la cause littéraire ». C’est son credo, son délire, sa folie furieuse. Chacun ses obsessions… Bref, dès que les vrais amateurs ont su qu’il était mêlé à la découverte, les enthousiasmes les plus vifs sont retombés dans des bruits d’enclumes. La « Plume » avait fait son oeuvre.

    (Une « Plume » avec une majuscule, c’est ainsi que s’est auto proclamé notre Machiavel des bibliothèques).

    Il faut au moins lui reconnaître ce talent inné pour débusquer les imposteurs. Mais à quel prix ?

    Le personnage ne fait jamais dans la demi-mesure et même plutôt dans le char d’assaut. C’est ce que je lui reproche.

    Raphaël Zacharie de Izarra a poussé la (mauvaise) plaisanterie jusqu’à laisser s’auto gonfler la baudruche médiatique, décidément très extensible, sans qu’elle n’éclate jamais.

    Du moins pas encore.

    Le plaisantin est si redoutable qu’entendre ne serait-ce que l’écho de son nom devant une montagne de lingots d’or, c’est l’assurance de trouver du plomb derrière une pellicule dorée. Amateur de trésors retrouvés, si vous oyez le nom de ce faussaire ou simplement entrapercevez l’ombre de ses initiales, le reflet de sa particule -dont il est particulièrement fier-, les contours de sa plume suspecte, perdez toute illusion ! Il est mouillé dans tant de tentatives ratées mais surtout d’entreprises réussies de fabrications de faux, et non des moindres, que vous pouvez êtres certains d’avoir été bernés.

    Le spécialiste français de Rimbaud Jean-Jacques Lefrère qui, comme beaucoup de ses confrères a foncé tête baissé aurait dû faire preuve de plus de prudence et de professionnalisme dès lors que le nom de Raphaël Zacharie de Izarra a commencé à circuler.

    L’inédit de Rimbaud est un faux. Vous voilà prévenus. Je ne m’ingénierai pas comme certains à rendre complexes des choses simples. Le faussaire est si pernicieux dans sa volonté d’embrouiller les esprits que ce serait lui faire trop d’honneur que de tenter de dénouer à grands cris ce qui s’avère n’être que du vent.

    Les naïfs qui pour toute caution se réfugient derrière les ors d’une « académie verveuse » relayée par la télévision dans des émissions littéraires et adoptent encore la version rassurante pleine d’érudition d’un Jean-Jacques Lefrère imperturbable s’en mordront les doigts.

    Jacques Quentin pour « Ouest France », novembre 2008

    Note de l’auteur au sujet de Raphaël Zacharie de Izarra :

    Il y a encore trop de journalistes crédules victimes des machinations de ce faussaire sans scrupule qui diffusent en toute bonne foi mais sans aucune conscience professionnelle ses fausses nouvelles toujours spectaculaires. Il est urgent de dénoncer l’imposture de ce faussaire certes talentueux mais qui semble ne connaître aucune limite. Je connais Raphaël Zacharie de Izarra à travers ses frasques médiatiques rapportées depuis plusieurs années par les quotidiens de l’Ouest (il est du Mans, je suis de Rennes). Il s’est spécialisé depuis une quinzaine d’années dans le faux littéraire et à déjà produit quelques « inédits » célèbres.

    JQ

  30. 30
    circeto
    24 novembre 2008 at 17:26
    Permalink

    blablabla…blabla…bla …

    c’est terrible de devoir s’y reprendre à tant de fois, et avec de si piètres moustaches postiches (jean quentin d’ouest france… après gugusse du Monde, en attendant le suivant, tous inconnus au bataillon et n’écrivant que pour parler de…. mince j’ai encore oublié son nom) …tous ces louables efforts sans résultat ! fichtre !

    bah! la réalité est plus belle que la fiction ! les vrais escamoteurs virevoltent à la bourse, pas ici !

    cette fable du faux rimbaud fleure bon son naïf amateur.

    et puis chacun sait que Rimbaud n’a rien écrit, c’est encore Corneille qui s’est tapé le boulot ! (d’où ces références multiples aux …corbeaux).

  31. 31
    povero
    26 mars 2009 at 22:51
    Permalink

    Qu’on achève cette histoire lugubre.
    Orfèvre considérable, Izarra s’est jeté sur le nouveau Rimbaud: il flairait l’imposture; mais il n’y est pour rien. Il comprit un peu l’imposteur et il sut l’imiter; on s’engouffre aussi bien une « choucroute royale ».
    Car je suis le faussaire – sachant toutefois attendre.
    J’ai rêvé autrefois du Bismarck dont parle Delahaye. J’ai fini par l’écrire – le Rimbaud de 70 réclame moins d’incroyable que celui de 73. – Puis j’ai fait façonner la vieille feuille ardennaise.
    … Je n’ai eu qu’à attendre qu’on le tienne pour vrai – et qu’un faux imposteur s’en réclame, avec une pauvre précipitation. – Tout le reste était bon, cher Monsieur Izarra!
    Mais il fallait que l’on se délecte: j’ai savouré le jeu.
    - Et me prêterai de bonne grâce à l’épreuve qu’affrontèrent les auteurs amusants de la Chasse Spirituelle – la seule épreuve valable.

  32. 32 7 décembre 2009 at 13:39
    Permalink

    Bonjour,

    Quelqu’un pourrait-il m’éclairer sur ces vers de Rimbaud, de quelle manière les interpréter ? Un « spécialiste » de Rimbaud m’a dit un jour que chez le poète il y avait parfois plus d’une lecture possible, pas forcément linéaire, notamment dans le « Bateau Ivre », et qu’en ce domaine rien n’était vraiment fixé selon les règles littéraires traditionnelles. Je voulais savoir si cette « analyse intuitive » était crédible car j’avoue ne pas toujours comprendre les vers apparemment hermétiques de Rimbaud, ceux-ci par exemple que j’aimerais qu’on m’explique, si tant est qu’une explication de vers soit sensée :

    Premiers vers :

    Je fis un voeu : mes ailes d’Empyrée toutes trouées
    Ma fiole couverte de l’or des horizons funestes
    Tout célestes me mirent de glace en échos nets
    Je vis un feu où se regardait l’oiseau des rouées.

    Seconds vers :

    Moi, passager des alambics acides,
    Voué aux marchands d’astres morts
    Je voyais des républiques placides
    Qui trouaient à pic ma peau de maure…

    (Rimbaud)

    Raphaël Zacharie de IZARRA

  33. 33 28 janvier 2010 at 21:48
    Permalink

    INTERVIEW PAR UNE JOURNALISTE DU « POINT »

    Raphaël Zacharie de IZARRA, sur le web vous êtes connu depuis quelques années pour vos célèbres impostures littéraires. Votre plus beau « succès » si je puis dire est la récente affaire du faux Rimbaud (« Le rêve de Bismarck »). Même le spécialiste Jean-Jacques Lefrère s’est laissé entraîné bien malgré lui dans cette farce sophistiquée qui à ce jour encore passe pour un document authentique auprès de ceux qui « savent » !

    Vous irritez et amusez le sérail de la blogosphère rimbaldienne mais laissez indifférent la plupart des (vrais) spécialistes qui vous prennent pour un hurluberlu, quand ils ne vous ignorent tout simplement pas. N’étant guère pris au sérieux par ces derniers, paradoxalement c’est ce qui fait votre force : vous avez su avec grande subtilité (et presque honteusement) tirer profit des suspicions nées autour de la « trouvaille » de Charleville-Mézières. Un trésor littéraire aux accents, paraît-t-il, faussement rimbaldiens selon ceux qui vous suivent, des non-spécialistes admettez-le. Mais pas tous il est vrai (de vrais amoureux de Rimbaud par ailleurs fins lettrés ont émis des critiques décisives sur la valeur littéraire du document), d’où le malaise que vous répandez depuis l’origine des événements.

    En mars 2008 vos assertions pour le moins troublantes ont fait trembler la rédaction du « Figaro » qui a dû consacrer un second numéro quelques jours après la révélation de la découverte pour faire taire les rumeurs de falsification.

    Hors des sphères officielles, mais également chez quelques courageux exégètes, on a beaucoup glosé sur le sujet. Plus d’un remet en cause son caractère prétendument littéraire… Nous en direz-vous plus que ces spécialistes, vous qui prétendez être l’auteur de cette complexe entourloupe ?

    RZDI – Il faudrait savoir ! Ce texte est-il littéraire oui ou non ? Tel érudit enivré par le supposé parfum du grand poète se dégageant du « Rêve de Bismarck » se pâme, intarissable d’éloges quant aux hauteurs de ce texte, tel autre professeur de lettres juge sans intérêt ce « songe prussien » digne d’une rédaction de collégien…. Face à mes divulgations, « Le Figaro » a publié un démenti : réaction suspecte susceptible de fonder des opinions contraires, non ? C’est plutôt maladroit de la part d’un quotidien dit sérieux.

    On est en droit de penser qu’effectivement il y a là matière à polémiquer.

    RZDI – J’ai monté ce vaste canular pour plusieurs raisons. Toutes ne sont pas avouables, je ne dévoilerai que l’essentiel. D’abord pour me moquer des snobs admirateurs du fameux Arthur. Mais surtout, et là mon dessein est très louable, pédagogique, afin de dénoncer la vraie imposture littéraire consistant non dans la fabrication de faux documents mais dans la sotte et béate admiration de certains textes indigents avalisés par leurs illustres signatures.

    J’avais expliqué dans un article de justification à l’adresse de mes détracteurs -article d’une grande sincérité- comment je m’y étais pris pour mener à bien cette entreprise de falsification, prouvant que le temps avait été mon allié de choix, moi qui ne travaille pas.

    Inutile de vous rappeler les maintes étrangetés et douteux hasards entourant les circonstances de la découverte du « Rêve de Bismarck »… Cela devrait suffire pour ébranler tout esprit critique. Or je constate, non sans amusement, que la crédulité est la chose la mieux partagée parmi ceux qui justement sont censés être dotés d’une solide carapace intellectuelle… Ce qui en dit long sur les errances de la psychologie humaine. Ne serait-ce que pour cette seule raison, l’imposture n’est pas vaine, bien au contraire. En tous points, je la qualifie d’édifiante.

    Pourtant les « preuves » que vous apportez sont minces. Rien de palpable jusqu’à maintenant.

    RZDI – Précisément, entretenir le doute me permet de consolider les bases de l’imposture. Je cultive avec patience et sagesse mon triomphe futur. Lorsque les pro-Rimbaud seront bien enracinés dans leurs certitudes et que j’estimerai la poire mûre, bonne à être sacrifiée sur l’autel de la vérité, je déclencherai un grand tremblement de terre sur la planète littérature. J’ai le temps avec moi, je le répète. Le temps et la détermination. Le rire, c’est mon arme redoutable dans cette bataille. Le rire salvateur, celui qui accouche des cinglantes et nécessaires petites vérités intellectuelles et non le rire stérile qui humilie l’adversaire.

    Je ne souhaite nullement léser mes ennemis lettrés dans leur amour-propre mais les élever à hauteur de la justesse de vue izarrienne.

    On pourrait appeler cela de la prétention, n’est-ce pas ?

    RZDI – En effet. Mais il s’agit là de prétention izarrienne, précisons-le. La prétention chez moi n’est pas une mauvaise chose vous savez. Elle permet de remettre certaines pendules à l’heure. Si la prétention est le moteur de la vérité, je ne vois pas où est le problème.

    Quelle sera votre prochaine imposture littéraire, monsieur IZARRA ?

    RZDI – Ecoutez, la plus belle imposture à vocation pédagogique consiste encore à laisser croire à ceux qui se pensent très malins le contraire de la vérité, à laisser tourner leur imagination quant à la réalité de mes desseins, par conséquent je vous laisse imaginer ce que vous voudrez bien imaginer selon votre capacité à concevoir des chimères ou des murs de granit, votre habileté à discerner le vrai de l’artifice.

    Et ça aussi voyez-vous, c’est finalement très pédagogique.

    Une réponse en forme de non-réponse en somme. Du grand IZARRA ! Merci en tout cas d’avoir bien voulu répondre à mes questions. Après cette interview mémorable comment résister au plaisir -ou délicieux déplaisir- de lire vos prochaines « tartes et matraques » http://izarralune.blogspot.com sur votre blog ?

  34. 34
    Louis-André Le Nabbi
    7 février 2010 at 4:40
    Permalink

    Bonjour,
    Le petit Izarra se raconte lui-même et nous conte des sornettes ! Ce texte de Rimbaud est authentique pour une raison simple, parce que nous savons de source avérée qu’il en existe une version manuscrite de la main même d’Arthur, alors ?
    Foin de cette vielle baderne de Bismarck et vive Rimbaud !
    Grouink !
    Nous ne vous saluons pas !
    Louis-André Le Nabbi

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