Aubrey Beardsley fut sollicité pour illustrer la première édition anglaise de la Salomé d’Oscar Wilde. Il créa pour cette occasion un archétype de la femme vénéneuse, caractéristique du symbolisme ambiant.
Aubrey Beardsley fut un illustrateur majeur et brillant du mouvement Art nouveau en Angleterre. Dandy et autodidacte, il devint célèbre pour ses contributions artistiques au périodique littéraire The Yellow Book, publié à Londres entre 1894 et 1897 par Elkin Mathews et John Lane.
The Yellow Book était un écho direct à la décadence parisienne qui fascinait alors les esthètes britanniques. À Paris, à l’instar de l’ À Rebours d’Huysmans, plusieurs livres décadents étaient imprimés sur du papier jaune pour alerter le lecteur d’un contenu jugé lascif. Dans Le Portrait de Dorian Gray, on peut retrouver cette allusion en toutes lettres dans le bouche de Lord Henry: « I have never read a Blue Book. I prefer books… in a yellow covers. ».

En 1892, il réalise de somptueux dessins à l’encre de Chine pour une publication de Le Morte d’Arthur de Thomas Malory. Il est ensuite sollicité pour illustrer la première édition anglaise de la Salomé d’Oscar Wilde et crée pour cette occasion un archétype de la femme vénéneuse, caractéristique du symbolisme ambiant et destiné à épouser le parfum de scandale qui avait entouré la création et la sortie de cette pièce maîtresse du plus génial des dandys.

Il illustrera aussi Rape of Lock d’Alexander Pope et Mademoiselle de Maupin de Théophile Gauthier ainsi que des livres érotiques comme Lysistrate d’Aristophane, en 1896.
Son travail est caractérisé par des illustrations stylisées et sinueuses en noir et blanc où l’on perçoit l’influence de l’art japonais et de l’art rococo de la Renaissance. Son art, jugé grotesque et décadent par la bonne société de son époque, a plus tard été vu comme une critique de l’hypocrisie de la société victorienne.
Je n’ai qu’un but: le grotesque. Si je ne suis pas grotesque, je ne suis rien.
Il avait le sens de l’arabesque précieuse et était fortement influencé par l’œuvre des Préraphaélites, notamment par la manière dont William Morris avait imaginé sa technique de simplification des lignes.




