magazine dandy

Codicologie · Released on mar, 09 · Writed with 319 words

1873

En août ou septembre, Rimbaud fait parvenir ses manuscrits d’Une Saison en enfer à une imprimerie bruxelloise, L’Alliance typographique. Il en distribue quelques exemplaires à des amis, mais abandonne le stock impayé chez l’imprimeur.

Verlaine parle dans ses Poètes Maudits (1884) d’un « oubli monstrueux ».

1886

En septembre, La Vogue publie la totalité du texte de la Saison. Cette nouvelle édition a presque aussi peu de retentissement que la précédente. Elle est seulement signalée dans les livraisons du 18 et du 23 septembre du Décadent, sous forme d’un encart publicitaire.

Dans ce même Décadent, dans le numéro du 27 novembre, paraît un « sonnet absolument inédit d’Arthur Rimbaud », prétendument daté de 1871. Mais il est apocryphe !

Il splendit sous le bleu d »athlétiques Natures
Dont le roc a fourni les éléments altiers:
Les fontes et l »airin de leurs musculatures
Excèdent les parois des divins compotiers

Ce faux Rimbaud est, en réalité, le premier d’une longue série que rédigeront, au cours des mois suivants, divers collaborateurs du Décadent.

À propos du Décadent

Le Décadent est une revue fondée par Anatole Baju en 1886. Elle parut jusqu’en décembre 1887, sous le titre Le Décadent littéraire et artistique avant de devenir simplement Le Décadent jusqu’en 1889.

Le programme du Décadent, tel que défini par Baju dans le premier numéro, était essentiellement anti-bourgeois. La revue ambitionnait de fédérer la bohème parisienne, opposée souvent bruyamment à l’art et à la littérature consacrés et, plus généralement, au mode de vie bourgeois.

Ainsi dans le numéro du 24 avril 1886, Baju édicte :

« [ Le Décadent demande ] que les futurités littéraires se mettent à l’œuvre. Un art nouveau, quintessencié, plus impalpable encore sortira de ce gâchis chaotique. […] [Il exige] une poésie vibrante et sonore où l’on sent passer comme des frissons de vie [et veut] noter l’idée dans la complexité de ses nuances les plus fugaces ».

La revue a compté entre autres contributeurs : Paul Verlaine, Laurent Tailhade et Pierre-Barthélemy Gheusi.